Booking.com sommée de réécrire ses contrats sous peine de 69 M€ d’amende

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C’est une décision inédite et lourde de conséquences pour Booking.com. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a ordonné à la société néerlandaise de mettre à jour ses Conditions Générales de Prestations (CGP) dans ses contrats avec les hôteliers français.

L’injonction, émise le 3 juillet 2025 par les agents de la DGCCRF rattachés à la DRIEETS d’Île-de-France, impose à Booking.com de se mettre en conformité avec :

  • le règlement européen P2B (UE n° 2019/1150), visant à renforcer l’équité et la transparence des plateformes envers les entreprises utilisatrices,
  • le Code de commerce français.

Une sanction financière inédite en cas de non-conformité

Si Booking.com ne se conforme pas avant le 31 décembre 2025, la plateforme s’exposera à une astreinte pouvant atteindre un total de 69,35 millions d’euros. L’échéance est donc cruciale pour la plateforme, très présente dans le secteur hôtelier français.

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Les pratiques ciblées par la DGCCRF

Selon l’administration, les CGP de Booking.com comportent plusieurs clauses « manifestement déséquilibrées » au détriment des hôteliers, notamment :

  • la modification unilatérale des conditions contractuelles,
  • l’absence de clarté sur les critères de classement des établissements,
  • des restrictions sur la liberté commerciale et tarifaire des hôteliers,
  • le manque de préavis avant changement des CGP,
  • l’absence d’explication claire en cas de suspension ou résiliation de comptes.

Un rappel clair des obligations européennes

La DGCCRF rappelle que le règlement P2B impose aux plateformes :

  • la transparence des CGP, rédigées de manière claire et compréhensible,
  • un préavis obligatoire avant tout changement, sauf exceptions strictes,
  • la communication des canaux de distribution et des programmes affiliés,
  • un partage équitable des coûts en cas de médiation,
  • la justification des critères de classement,
  • la notification systématique des motifs en cas de suspension ou résiliation.

De plus, l’article L. 442-1 du Code de commerce interdit toute tentative de soumission à des clauses créant un déséquilibre significatif dans les droits et obligations des parties, notamment via des restrictions tarifaires.

Une décision qui pourrait faire jurisprudence

Cette injonction ouvre la voie à un rééquilibrage des relations entre plateformes et hôteliers français. Elle pourrait faire figure de précédent en Europe, dans un contexte réglementaire de plus en plus strict envers les géants du numérique.

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SourceDGCCRF

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