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Hôtels-cafés-restaurants : l’enjeu crucial de l’attractivité

Cette année, peut-être plus que d’autres, les salariés ne se bousculent pas pour travailler dans les hôtels, cafés et restaurants. La question de l’attractivité du secteur se pose. La Fédération CFDT des Services y travaille et des accords ont été récemment signés.

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« Restaurant cherche un/une serveur/euse », « hôtel cherche réceptionniste »… À l’approche de la haute saison touristique, les offres d’emploi ne manquent pas pour travailler dans l’hôtellerie-restauration. Et pourtant, il est difficile de recruter, affirment les patrons ; une pénurie de main-d’œuvre se fait ressentir. La branche ne semble plus attirer les personnes à la recherche d’un emploi.

Le déficit de main-d’œuvre que connaît l’hôtellerie-restauration n’est pas nouveau, mais la crise sanitaire n’a évidemment rien arrangé. Selon la Dares, le service de statistiques du ministère du Travail, entre février 2020 et février 2021, l’effectif global du secteur a chuté de 237 000 salariés, passant d’environ 1,3 million à 1,1 million de salariés, alors qu’il était en progression pendant les deux années précédant la pandémie. Comment expliquer cette désaffection ? Les conditions de travail et des salaires peu attrayants font partie des raisons avancées par les employeurs eux-mêmes du secteur des hôtels-cafés-restaurants (HCR), rapporte la Dares. L’attractivité du secteur devient donc un enjeu essentiel, et la Fédération CFDT des Services se mobilise.

Salaires et classifications

Il y a d’abord eu la revalorisation de la grille des salaires minimaux conventionnels, signée par la CFDT, entrée en application au 1er avril. Les premiers niveaux ont été décollés du Smic ; les niveaux supérieurs ont été substantiellement augmentés pour mieux correspondre à la réalité des salaires pratiqués.

Les partenaires sociaux, après cinq ans de discussions, se sont aussi mis d’accord sur une nouvelle grille des classifications, qui sera étendu dans les prochains jours. La CFDT l’a signée. « C’est un nettoyage en profondeur car la grille datait de 1997. Depuis, des métiers ont disparu et d’autres sont apparus », explique Stéphanie Dayan, secrétaire nationale de la CFDT-Services, chargée de la branche.

La grille s’organise autour de quatre critères – attitude/technicité, formation/qualification, autonomie, animation d’équipe/management –, et les descriptions pour chaque échelon de chaque niveau sont plus précises et les diplômes, pris en compte. « La nouvelle grille est désormais plus adaptée au marché du travail actuel », souligne la secrétaire nationale.

Un accord sur la santé

Autre accord ouvert à la signature (jusqu’au 13 juillet), celui relatif au régime de complémentaire santé de la branche, que la CFDT-Services signera. Si le régime disposait d’une réserve confortable avant la crise Covid, la pandémie a changé la donne. « En l’espace d’une année, on a eu beaucoup de consommation. Les salariés ont pris le temps de se soigner et d’utiliser leur complémentaire », explique Stéphanie Dayan. Une refonte était donc à prévoir.

Pour les salariés, la cotisation va augmenter et passer de 14 à 16,11 euros. Mais, dans le même temps, la prise en charge de l’employeur fait plus que doubler, passant de 14 à 30,85 euros. Cette augmentation des ressources permet d’augmenter la part affectée aux prestations santé et de mettre en place de nouveaux dispositifs accessibles aux salariés : un fonds de haut degré de solidarité de prévention et d’action sociale « HCR bien-être », l’accès à un réseau de soins concernant l’optique, le dentaire, les audioprothèses, l’ostéopathie, pour une meilleure prise en charge de ces équipements. L’accord sur la complémentaire entrera en vigueur rétroactivement au 1er juillet 2022 et concernera tous les salariés de la branche, toutes les entreprises étant tenues de proposer ces garanties, qu’importe l’organisme assureur retenu.

Après ces trois accords, la CFDT-Services ne compte pas s’arrêter là et veut pousser encore ses revendications afin de négocier la coupure, les week-ends ou encore pour mettre fin au régime dérogatoire sur la rémunération des heures supplémentaires. En effet, le code du travail majore les huit premières heures supplémentaires à 25 % (de la 36e à la 43e heure), les suivantes à 50 %. Dans la branche HCR, la majoration est de 10 % de la 36e à la 39e heure, de 20 % de la 40e à la 43e heure puis de 50 % au-delà de la 44e heure. « Nous demandons la fin du régime dérogatoire. C’est un élément important à rétablir pour favoriser l’attractivité », commente Stéphanie Dayan.

La fin des coupures dans les hôtels AccorInvest ?

Les coupures et les week-ends ont pu faire l’objet de négociations en entreprise. C’est le cas chez AccorInvest (310 hôtels en France, environ 8 000 salariés), où un accord a été signé le 5 avril à la suite des négociations annuelles obligatoires. Le texte garanti un minimum de dix week-ends (samedi et dimanche) par année civile, hors période de congés payés. Aussi, « dès que l’organisation de l’hôtel le permet », la suppression des coupures est actée. Et s’il est impossible de les supprimer, les salariés recevront une prime de 5 euros brut par coupure supérieure à deux heures. (…) Lire la suite sur Syndicalisme Hebdo

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