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Tribune Libre | Hôtellerie, des résultats exceptionnels en 2022, mais à quoi s’attendre pour 2023 ?

Les vétérans hôteliers grincent les dents en ce moment : 'à dire vrai', écouter certains de leurs collègues lier avec force détails leur talent aux résultats exceptionnels 2022 et de facto bafouer le travail d'hôtelier produit par leurs prédécesseurs, tout cela a de quoi en énerver certains. Cependant, pour qui connaît l'histoire économique de l'hôtellerie, le retour de bâton pourrait être violent ! Alors, un peu de mesure.

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Le prix hôteliers flambent et les résultats sont historiques pour certains hôtels. Ainsi, selon certains observateurs, si les prix ont grimpé en moyenne nationale de plus de 20 % cet été, ils ont grimpé de 30 à 35 % sur des régions phares telles que Paris ou la Côte d’Azur.

Cependant, si le tourisme de loisir a bien souvent dépassé le niveau pré-covid, ce qui inquiète certains professionnels c’est la faiblesse des engagements et des contrats signés en matière de Séminaires et autres segments du tourisme d’affaires. Et c’est bien là la principale inquiétude pour 2023.

Interrogé, le Directeur Commercial du marché MICE (Meetings, Incentives, Conferences & Exhibitions) pour un établissement du quartier de l’Opéra nous répond : « entre le télétravail et la limitation des déplacements par avion des cadres d’entreprise, il nous manque toujours 25% de notre clientèle affaires d’avant Covid ».

La clientèle affaires représente plus de 70% du chiffre d’affaires de l’hôtellerie parisienne et surtout, elle permet de « tourner toute l’année » comme nous l’indique un hôtelier proche des Champs Elysées.

Autre nuage noir à l’horizon, la hausse des coûts de l’énergie qui risque de fragiliser le secteur de la thalassothérapie grande consommatrice d’énergie, les parcs d’attraction, les parcs nautiques et les hôtels « passoires énergétiques » (n’ayant pas fait l’objet de travaux d’isolation comme certains établissements parisiens haussmanniens) ou bien encore les gros porteurs énergivores … On peut ajouter à cela le poids du remboursement du PGE et les ajustements salariaux incontournables (entre convention collective ajustée, futures Négociations Annuelles Obligatoires tendues qui devront tenir compte de l’inflation galopante et d’un marché du travail déséquilibré).

Dernier élément et tous les analystes le savent, l’hôtellerie est cyclique : après l’euphorie de la post-pandémie, l’irruption de nouveaux modes de consommation, l’envie de « Nature » (qui a propulsé sur le devant de la scène touristique et hôtelière des régions jusque là peu considérées), voilà désormais l’ère du « voyager mieux et moins loin », « du télétravail » et du bleisure (Business & Leisure).

Ainsi, si les perspectives pour l’hôtellerie économique comme pour l’hôtellerie de grand luxe (palaces)  semblent relativement bonnes compte tenu d’une clientèle  insensible aux variations de l’économie (pas pour mêmes raisons !), il y a lieu de s’inquiéter pour l’entre-deux, ces 4 étoiles pour qui les congrès sont essentiels.
Le directeur d’un Centre de congrès proche de la Tour Eiffel me confiait récemment que « le carnet de commandes était plein jusqu’à la mi-décembre mais que pour 2023 c’est la grande inconnue ! »

À moins que le « pricing » nous réserve d’autres belles surprises pour 2023, pour 2022 ayons le triomphe discret.

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