lun 30 janvier 2023
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Dubaï | Le lifestyle avec Siro (Kerzner) investit le sport santé. Et pourquoi pas la thalasso ?

Kerzner a déclaré que sa nouvelle marque"lifestyle"et de fitness Siro lancera son hôtel inaugural, Siro One Za'abeel, au quatrième trimestre (Q4) de 2023 à Dubaï. Peut-on augurer d'une révolution lifestyle dans nos complexes thalassothérapie ? Une tribune libre de Thierry, spécialiste Thalasso.

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Siro offrira une nouvelle expérience immersive aux clients, anticipant les besoins des voyageurs et les invitant à « vivre le voyage » avec des programmes et des traitements sur mesure développés par des spécialistes du fitness, de la santé mentale, de la nutrition et du sommeil. 

Cette hôtellerie « santé » est un segment bien connu en France avec la séculaire…thalassothérapie !

La thalassothérapie est un marché complexe faisant intervenir deux mondes aux profils, conditions de travail et approches différentes (la Santé et l’hôtellerie). De surcroît, la thalassothérapie coûte cher, très cher : entre l’équipement de base (piscines, pompes, plomberie complexe, traitement de l’eau de mer,…) et son entretien soumis à rude épreuve (entre humidité et sel marin, fortes températures, traitements permanents contre les bactéries, la légionellose…) nécessitant une équipe technique conséquente, il est évident que la thalassothérapie, confrontée à l’augmentation des coûts énergétiques, doit étoffer ses segments et marchés.

Associer Lifestyle et santé ?

Ainsi, il devient   pertinent  d’observer la politique marketing et commerciale de Siro et voir si l’association lifestyle et santé est porteuse. Si l’hypothèse est validée, les clients Siro pourraient représenter une cible thalassothérapie dans le cadre d’un « parcours santé international ». En effet, la « thalasso » qui n’attire pas ou si peu la clientèle internationale (en dehors des allemands, belges, suisses et anglais !) est un segment énergivore, souvent saisonnier (contrairement aux thermes qui bénéficient d’une image « médicale » lui assurant une manne économique substantielle et quasi garantie) et évoluant très peu : si les soins et protocoles font régulièrement l’objet d’actualisations et nouveautés, l’hôtellerie « thalasso » est une hôtellerie classique (principalement 4*) attirant principalement (en dehors des cures « baby blue », anti-tabac, « jeune maman », « acnée », « surpoids »…) une clientèle +50 ans  et individuelle.

De la difficulté du marché « Entreprise »

Séminaires et thalassothérapie sont des marchés quasi incompatibles et ce, pour des raisons compréhensibles : l’approche « massive » de la thalassothérapie (soins collectifs, bains collectifs…) s’oppose à l’approche individuelle du « Spa beauté » plébiscitée par la clientèle « entreprise ». Rappelons que le bain, dans la plupart des pays (avec des exceptions notables dans les pays du Nord et certains pays de l’Est européen), relève de l’intime et l’entreprise y est « hors jeu ».

La thalassothérapie, une image « santé » mais… sans sport !

En dépit des parcours individualisés élaborés par les spécialistes de ce marché, la thalassothérapie reste donc confidentielle pour ces deux segments croisés que constituent les moins de 50 ans et les séminaires.

L’intégration de Spa dans les centres de thalassothérapie n’ont pas réussi à « gommer » ce pêché originel de la thalassothérapie.

Voilà pourquoi l’introduction du lifestyle dans le marché « Santé » peut être intéressant et pertinent.

Certaines thalassothérapies sont devenues, pour les sportifs professionnels, des centres de remise en forme très appréciés en fin ou début de saison.

Cependant, cette image « sport » est rarement mise en avant : il n’y a qu’à consulter les visuels thalassothérapie montrant des mannequins à l’esthétique parfaite se prélassant, sans effort ou si peu, effectuant quelques « brasses » dans des bassins vue mer et vantant un traitement anti-cellulite…

Au niveau national, a-t-on vu un centre de thalasso sponsor d’une équipe, d’une compétition, d’un sportif ? Siro le fait en s’associant au club de football italien l’AC Milan et à une boxeuse internationalement reconnue !

Pour résumer, la thalasso s’apparente à une parenthèse heureuse et oisive, une maison « de repos » entre « luxe et volupté ».

Et la restauration dans tout ça ?

La thalasso balance en permanence entre les « menus santé » (sans gluten, sans graisse, sans sucre…) et le traditionnel restaurant aux portions réduites.

L’ajout de grands noms aux cartes thalasso n’y peut rien : « restauration thalasso » et « plaisir » ne semblent pas forcément liés dans l’esprit des non-initiés.

L’introduction du lifestyle proposant une restauration variée, sans prétention (avec du « veggie » et des produits dans « l’air du temps »), locavore et bio peut être pertinente. Mais surtout, la restauration doit devenir un élément central et un lieu de vie pour la clientèle locale. Or, bien souvent, la thalasso tourne le dos à la ville.

Alors, la rendre « inclusive » et « staycation », est-ce réalisable ? Les lieux thalasso sont souvent exceptionnels et leur attractivité indéniable. La thalasso doit donc s’ouvrir à la clientèle extérieure et surtout proposer une restauration conviviale et tendance pour renouveler sa clientèle et faire de ces maisons de repos, des maisons de la vie et de la santé. « L’entre-soi » des thalasso n’a pas d’avenir.

Alors, le lifestyle peut-il secouer ce marché ? La question est posée.

 

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